Le verger

 

Tom parcourait le verger. Que d’heure, il avait passé dans ce dernier. Sans doutes les plus beaux de sa vie.
Tout à ses souvenirs il n’entendit pas son fils s’approcher.

 

 


“ Je me suis toujours demandé, pourquoi les grands-parents, avaient planté autant d’arbres. Regarde-moi tous ces fruits à terre. Ca va être d’une galère de tout ramasser… Franchement qu’elle idée.”

 

Tom sourit. Sans le savoir son fils venait de faire la même réflexion que lui-même au même âge.

 

 


“ Qu’est-ce que j’ai dit de drôle lui demanda son fils.”
“Rien mon grand, tu m’as juste fait penser à moi à ton âge.


Il passa le bras autour de son enfant, il serait bientôt un adolescent, il n’allait pas être facile à vivre tous les jours.

 

“ Figure-toi que je n’aimais pas du tout, ramasser les fruits. C’était pourtant la corvée qui m’était incombé, pour que ton grand-père puisse passer la tondeuse. Je peux te jurer que pendant de longues années, ma saison préférée était l’hiver.”

 

 


Le regard de Tom se perdit dans le lointain, dans un temps, que lui seul pouvait voir. Avec un sourire nostalgique, il reprit.


“Chaque fois que ton grand-père me disait de ramasser les cerises, les poires, les pommes, ou bien encore, les prunes, j’avais envie de hurler.

 

Bien sûr au début, cela m’amusait, mais plus je grandissais, et plus cette corvée m’était insupportable. Alors j’inventais de bonnes excuses, j’avais trop de devoirs, untel me demandait son aide pour un exercice, j’avais mal au ventre… Bien sûr, mes parents n’étaient pas dupe.

 

 


“ Ils t’ont puni ?”


Tom rit.

 

“Ah peut-être bien fiston, peut-être bien. Mais tu sais, tes grands-parents étaient des parents exceptionnels. Ils s’arrangeaient toujours pour que tu comprennes sans qu’ils aient besoin de te punir, ou du moins sans que tu en aies l’impression. Pourtant en y réfléchissant bien…


“Qu’est-ce qu’il c’est passé ?


“ Figure toi qu’un soir où j’avais une fois de plus refusé de ramasser les fruits, j’ai vu de la fenêtre de la chambre tes grands-parents conspirer. Mais lorsque j’ouvris ma fenêtre, je n’ai pu entendre, que : si tu veux, mais je ne suis pas certains qu’il comprenne.

 


“Quelques jours plus tard, alors que je rentrais de l’école, tes grands-parents s’étaient absentés. Je cherchais alors mon goûter, j’avais vu la veille ma mère préparer un délicieux clafoutis aux pommes et aux poires, mon préféré.

Mais je n’en trouvais aucune trace.
À défaut, je décidais de me rabattre sur du pain et de la confiture. Mais là encore, rien dans la réserve. Je pris donc un morceau de pain et de beurre…


À l’heure du dîner, alors que le dessert arrivait, ma mère me tendit un yaourt. Je fus surpris par son geste, elle savait pertinemment que je n’aimais pas ça. En plus un industriel et même pas au fruit.

 

_ Excuses moi, Tom, me dit-elle, mais je n’ai pas eu le temps de préparer quoi que ce soi, c’est pour ça que nous avons fini les restes d’hier. Ce matin, j’ai aidé ton père à ramasser les fruits pour qu’il puisse passer la tondeuse dans le verger. Et cette après-midi, nous sommes allés voir Rose.


_ c’est pas grave maman, je n’ai pas très faim, de toute façon, je vais me contenter d’une pomme.


_ Hélas mon chéri, je crains que ce soit impossible, j’ai emporté le panier que j’ai ramassé, pour l’offrir à Rose.Tu sais combien elle les aime. J’en ai profité pour lui glisser quelques pots de confitures.


“ J’ai donc mangé mon yaourt, sans rien dire. Puis je suis allé me coucher en traînant des pieds. Rose était une vieille femme charmante, mais à cet instant précis, je la détestais !

Je me disais que le lendemain, on serait dimanche et comme tout les dimanches ma mère, allait nous préparer, un dessert, si nous n’étions pas trop gourmands, peut-être qu’il en resterait pour les jours suivant.

 

Hélas pour moi. Pour je ne sais qu’elle idée, mon père décida d’aller voir ses parents, cela fait longtemps qu’on ne les a pas vus, c’était-il écrié. En fait pas tant que ça, nous les avions reçu, deux semaines plus tôt !


Ma mère, qui détestait sa belle-mère, sembla tant approuver la décision de mon père, qu’elle dit toute joyeuse : j’ai vu qu’il y avait des poires mûres, je vais lui en donner un panier.

 

 


Leur manège dura pendant toute une semaine, ils avaient autant d’excuses pour se débarrasser des fruits, que moi, j’en avais à ne pas les ramasser.


Après toute une semaine, sans dessert, ou à ne manger que des yaourt sans goût je décidais donc qu’il était tant que je ramasse les fruits du verger, si je voulais avoir un dessert délicieux tout les jours.

 

 


Le fils de tom se mit à rire.
“Ah, ah, ah, ils t’ont bien eu !

 

Tom affirma de la tête.


“Oui fiston, le pire, tu sais, c’est quoi ?


“Non.


“C’est que ton grand-père m’a demandé ce que je faisais le soir, où j’ai décidé de ramasser enfin ces satanés fruits.


“Qu’est-ce que tu lui as dit ?


“Exactement comme à toi, que si on ramassait les fruits au fur et à mesure, maman pourrais nous faire de bon desserts tout les jours. Là, il s’est écrié : ah, ça, c’est une bonne idée, fiston ! Heureusement que tu l’as eu, j’en aurait été incapable tout seul.


Bien évidemment, ni l’un ni l’autre, n’avons mentionné le fait, que lui pourrait enfin passer la tondeuse, sans perdre de temps à les ramasser.

 

 


Tom et son fils se mirent à rire de bon cœur.

 

“Dis pa, tu crois que maman fait de meilleur clafoutis que grand-mère ?


“ Je ne sais pas fiston, et toi t’en penses quoi ?


“ Qu’on ne le saura pas tant qu’on ne les aura pas goûtés ! Allez viens, on va ramasser des fruits, comme ça je verrais si t’as pas perdu la main.

 

 

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