La fille de Tchernobyl

Auteur : Aurélie Wellenstein

 

Genre : contemporain

Edition : Magnard jeunesse

Parution : 10 juin 2016
Pages : 158

à partir de : 11 ans

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 Dix ans après le drame de Tchernobyl, Lana se rend clandestinement dans la Zone interdite. La nature y est resplendissante mais villes et villages ne sont plus que ruines, poussière et désolation. Après s’être recueillie sur la tombe de son père, pompier mort à la suite de l’explosion, Lana aperçoit un cheval sauvage, libre sur la route. Ainsi, certains animaux peuvent vivre ici en dépit des radiations ! Mais très vite, elle découvre que des braconniers le poursuivent, lui et sa harde. Lorsqu’il est capturé, Lana n’hésite pas une seconde à se lancer à son secours. Cette course-poursuite fiévreuse, dans l’un des lieux les plus radioactifs au monde, aimante la jeune fille autant qu’elle l’épouvante. Car entrer sur ces terres empoisonnées, c’est aussi pour elle affronter les fantômes du passé.

Mon avis sur la fille de Tchernobyl :

 

Lana tient à passer le week-end avec sa grand-mère, chez cette dernière, jusque-là, rien d’exceptionnel, sauf que sa grand-mère, en voulant retourner vivre chez elle, c’est comme qui dirait, mis elle-même en prison.


Car son aïeule, habite un petit village, proche de la centrale de Tchernobyl, cette dernière étant à l’origine, de la première grande catastrophe nucléaire. La maison de la vieille femme, se trouve donc en zone interdite.


Car lors de l’explosion de son réacteur, elle a forcément irradié, le territoire, sur des millions, de kilomètres. De façon décroissante. Les plus proches, étant les plus contaminées, etc.


Si sa grand-mère, peut sortir de ce périmètre, après en avoir fait la demande, elle n’a en revanche, pas le droit de faire venir, des gens chez elle, ni sortir quoi que ce soit de la zone interdite.


C’est donc, au milieu des pommes de terre, bien cachée sous une bâche que Lana y fait son entrée. Dès lors difficile pour elle, de ne pas se rendre au cimetière. Pour rendre hommage à son père. Enfin au mausolée, que sa grand-mère, a fabriqué, en guise de tombe, car bien évidemment ce dernier, étant l’un des premiers pompiers, à être intervenu la terrible nuit du 26 avril 1986, son corps se trouve dans une fosse commune.


Rien ne préparait Lana, à la rencontre intense, et surprenante, qu’elle y fera. Un cheval sauvage, et magnifique. En le suivant, elle découvrira tout un troupeau.
Sa grand-mère, à qui elle confiera cette rencontre, lui apprendra que les chevaux de Prewalski, on été introduit, dans la zone, en guise d’expérience, et malgré la radiation, ils semblent non seulement se plaire, mais en plus se reproduire.
La nuit venue, le sommeil de la jeune fille sera perturbé par du bruit, elle aperçoit un véhicule, et une remorque, comme celle où l’on transporte les chevaux. Elle pense, immédiatement aux pillards, et à la jument de sa grand-mère. Sans réfléchir, elle se rue dans le van. Mais au lieu, de la bonne vieille jument, elle découvre, l’animal sauvage, qu’elle a rencontré quelques heures plus tôt.
Elle s’est immiscée, bien malgré elle, dans un trafic, dès lors, un contre-la-montre meurtrier, s’engage, avec les braconniers.

La fille de Tchernobyl est le second livre d’Aurélie Wellenstein que je lis, le premier étant le roi des fauves, qui n’est d’ailleurs pas passé loin du coup de cœur. Je ne sais pas si vous connaissez l’auteure, mais pour l’avoir, déjà rencontré, je peu vous dire qu’elle est très jeune, si elle était née lorsque la catastrophe, est arrivée, elle devait l’être à peine. (Aurélie, si tu passes par là, dis-moi, si je me trompe). Alors évidemment la première question que je me suis posée, c’est pourquoi, un tel thème ? Ensuite, ses descriptions, m’ont beaucoup marquée. La plume de l’auteure, est d’une telle précision, que, j’en ai oublié, pour un temps, qu’il ne s’agissait pas d’une auto-biographie. On se laisse portée, et chose incroyable, Lana, nous emmène avec elle, dans cette zone, sinistrée. On a aucun mal à s’imaginer le paysage. Ensuite, le suspens, fait qu’on ne lâche pas le livre, un véritable page turner.


Mon mari ayant travaillé, lui-même dans une centrale, Française, je peux vous dire que le sujet de Tchernobyl, revenait régulièrement. Mais, je ne me rappelais pas l’histoire, de la fête foraine, ni celle des chevaux. Les avais-je seulement déjà entendu ?


Mon passage préféré, est lorsque Lana se souvient de ce terrible soir. L’anxiété, à peine voilée, de la mère. J’ai eu l’impression de me revoir. Les rares fois, où j’ai entendu sonner le signal d’urgence, de la central, avec mon mari à l’intérieur. Déjà, que je balisais, lorsque c’était pour des exercices. Alors en dehors, je ne vous raconte même pas.


Nous lecteurs, qui ont un recul de trente ans, on sait, ce qu’il en est, exactement. J’admire Aurélie Wellenstein, d’avoir su décrire, avec précision, ce décalage, entre les différents protagonistes, cette fillette, qui ne pense qu’à son pique-nique, qui ne comprend pas le geste héroïque de son père, et qui boude, presque de l’absence de ce dernier. De la mère, qui ne veut rien laisser paraître, et qui est rongée, de l’intérieur. Des voisins, et du fils, qui font de cet incendie, un spectacle. On a envie de les secouer, de leur dire, mais vous ne comprenez donc pas ! Nous, on sait que leur exil, ne durera pas 3 jours, alors on a envie de se rebeller, contre certaines attitudes.


Dix ans plus tard, Lana est devenue une jeune fille, courageuse, elle avait sans doute besoin, de ce retour aux sources, pour faire son deuil, et accepter, d’être la fille de Tchernobyl. Une pestiférée aux yeux de ses premiers camarades, maintenant avec le recul, on ne la juge plus, d’autant plus que le gouvernement a pris le temps de bien, endormir la population, en sous-évaluant les dégâts, et les victimes.


Avec la fille de Tchernobyl, c’est un véritable tour de force, que nous offre l’auteure. Des descriptions qui vous transportent à l’intérieur de cette zone sinistrée, qui vous fait vivre la catastrophe, comme si vous l’aviez, vous-même vécue. Et qui 10 ans plus tard, vous propulse dans une chasse à l’homme, où l’on fini par douter de tout, et de tous. Un gros coup de cœur.

 

Ma note : 20/20

A lire si vous aimez : les histoires qui vous immerge totalement, les suspens, les chevaux

A ne pas lire si vous n’aimez pas : les livres engagés

 

Morceaux choisis :

 

Une quinzaine de chevaux paissait l’herbe drue de la zone. Ils se déplaçaient lentement, par intervalles. Ils se ressemblaient tous, comme s’ils appartenaient à la même race, avec leurs robes claires nuancées de brun, leur raie noire sur le dos, leurs crinières courtes dressées en piquants et leurs regards sombres.

(…)

L’adolescente s’installa à distance pour les observer. Perplexe, elle les regardait broyer l’herbe entre leurs mâchoires.

_ Vous mangez tous de la nourriture irradiée. Vous allez tomber malade…

 

 

_ C’est très beau ! s’enthousiasma le garçon. Je n’ai jamais rien vu comme ça. Le réacteur est comme éclairé de l’intérieur. Ça fait une lueur…

Il réfléchit

_ Framboise.

 

 

La fille de Tchernobyl a été lu dans le cadre de mon défi fou

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